Lors de recherches effectuées en 2006 pour la préparation de l’étude biographique consacrée au romanicer pour la jeunesse publiée en 2008, j’avais eu le bonheur de photographier cette chronique. C’est en retournant récemment dans mes archives que je l’ai retrouvée. Je souhaite la partager en publiant sur ce site. Elle constitue ce qui, à ce jour, peut être considéré comme le premier texte publié de Paul-Jacques Bonzon.

Paul-Jacques Bonzon, instituteur, a été formé à l’école normale de la Manche, promotion 1924 à 1927.

C’est dans des conditions de vétusté avérée que la tuberculose frappa l’école normale d’instituteurs du département de la Manche à Saint-Lô durant ces années-là. En octobre 1924, un élève de seconde année, de la promotion 1923-1926, décéda. Le directeur forma une délégation de dix élèves pour l’accompagner à l’inhumation du jeune homme qui eut lieu le 10 octobre 1924. La promotion était atteinte. De nombreux élèves obtinrent du congé pour raisons de santé. L’infirmerie connut un regain de fréquentation dont l’établissement se serait bien volontiers dispensé.

Paul Bonzon fut de ceux-là. Il parvint néanmoins à terminer sa formation et, en 1927, obtint une nomination d’instituteur stagiaire à Percy, non loin du chef-lieu du département où demeuraient ses parents. Mais malade, il dut quitter son poste pour rejoindre Sainte-Feyre le 20 février 1928. Son admission, suite à la période d’observation requise, fut effective le 20 octobre suivant. Il n’en revint guéri que cinq années et demi plus tard.

Le sanatorium de Sainte-Feyre, dans le département de la Creuse, était, à cette époque, en France, le seul établissement de soins pour instituteurs et institutrices dépendant de l’Union nationale des Sociétés de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices. Il fut doublé, en 1930, d’un autre établissement situé à Saint-Jean-d’Aulps dans le département de Haute-Savoie. Un établissement que Paul-Jacques Bonzon fut l’un des premiers à rejoindre.

« Au grand théâtre de l’attente » comme l’écrit avec justesse Henri Pollès, lui aussi marqué par la maladie, l’activité revêt une importance capitale. Les propositions d’occupation dans des établissements de cure étaient nombreuses et diversifiées. L’une des plus symboliques resta la création en octobre 1927 de l’Association des instituteurs en congés de longue durée (A.C.L.D.). L’Association devint le porte-parole des malades en se dotant d’un bulletin dont le premier numéro est daté du 1er octobre 1931. Il se voulait « un instrument de réconfort moral pour tous nos camarades qu’a touchés la maladie. C’est pourquoi nous l’avons intitulé « Par l’Effort » car c’est bien Par l’Effort que chacun guérira, effort contre la maladie, effort pour nos revendications, efforts qui font naître l’espérance. » Ainsi s’exprimait le président Marcel Ribes, au nom du comité de rédaction[1].

Collection Yves Marion

Paul Bonzon prit une part active au mouvement. Non seulement il proposa sa candidature au comité[2] lors des assemblées générales extraordinaires du 18 mai et du 6 juin 1932 mais il contribua régulièrement, sous son nom public de Paul-Jacques Bonzon, à l’illustration du bulletin par des dessins à tonalité humoristique marquée. (voir la rubrique, le dessinateur). En poste dans la Drôme, il sera longtemps le correspondant départemental de l’A.C.L.P.

A Saint-Jean-d’Aulps, les échanges avec des établissements identiques situés en Suisse étaient encouragés. Ils donnèrent lieu à des comptes rendus qui furent publiés dans le bulletin de l’A.C.L.D. Pour l’Effort. C’est ainsi que le bulletin n°6 de janvier 1933 publia une « chronique climatologique de Montana-Vermala », signée P.-J. Bonzon. Paul-Jacques Bonzon aurait donc séjourné en Suisse. C’est du moins ce que l’on pouvait en déduire quand, ce jour 29 avril 2020, j’en reçois confirmation. Paul était resté en relation avec l’un de ses camarades d’école normale, Charles Lecaplain. Comme lui malade, il avait dû rejoindre le sanatorium. IL avait repris son poste d’instituteur à Périers, dans la Manche. De Montana, le 28 août 1932, Paul lui adressait une carte postale, lui précisant qu’il avait « quitté les bords du Léman pour émigrer vers la haute montagne. J’ai pourtant, poursuivait-il, passé là-bas un excellent mois… Je suis dans une région épatante, alt. 1 300 m, en face du Cervin … » Il ajoutait qu’il comptait redescendre prochainement vers Saint-Jean pour son ouverture. Paul-Jacques Bonzon a donc séjourné à Montana un mois au cours du mois d’août 1932. La carte postale est oblitérée du 29 août 1932, 19 h, à Montana-Vermala (Valais). Je remercie mon ami Claude de m’avoir communiqué cette information familiale. 

C’est donc durant son séjour au cours du mois d’août 1932 qu’il aurait rédigé cette chronique qui est le premier écrit connu à ce jour publié par Paul-Jacques Bonzon.

Montana est une ancienne commune du canton du valais située dans le district de Sierre. Elle fusionna le 1er janvier 2017 avec Mollens, Chemignon et Randogne pour former Crans-Montana.

Au 20e siècle, l’économie agro-pastorale est remplacée par une économie artisanale et de services avec l’émergence de la station de Montana-Vermala en station de cure notamment pour la tuberculose puis en station de sports d’hiver. Le Championnat du Monde de ski s’y déroula en 1987.

Voici le texte intégral de la chronique

  « Chronique climatologique, Montana-Vermala », Par l’Effort, bulletin de l’A.C.L.D. 3e année, n° 6, janvier 1933, p. 17-19. Coll. Yves Marion.

Pour l’histoire du traitement de la tuberculose :  https://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2008-1-page-79.htm

[1] Par l’Effort, bulletin de l’A.C.L.D., 1e année, n°1, 1er octobre 1931.

[2] Par l’Effort, bulletin de l’A.C.L.D., 2e année, n°4, 1er juillet 1932, p.11.