Yvonne Lançon-Fargier, ancienne présidente, et Pierre Vallier racontent[1] : l’idée émerge au cours du congrès des écrivains réuni à Valence en 1956. Deux amis, le poète Albert Varnet et l’essayiste André Milhan, estiment qu’il est nécessaire de créer un lieu de rencontre pour les Drômois qui se distinguent par leurs contributions dans les domaines des lettres, des sciences et des arts. Ils sont vite rejoints par d’autres gagnés par l’enthousiasme des promoteurs.  L’Académie drômoise est présentée lors d’une conférence de presse, le 3 avril 1957, dans un salon au premier étage de l’hôtel du Grand-Saint-Jacques à Valence. Les objectifs sont clairs. André Milhan et Pierre Ponties sont explicites : « Nous avions le culte des lettres, de la pensée, et de la beauté sous toutes ses formes. C’est un culte que nous avons conservé avec le souci du progrès de la culture et des valeurs de la civilisation […] C’est pourquoi il nous a paru indispensable, et urgent, de rassembler dans une académie celles et ceux qui, dans ce département, illustrent des valeurs intellectuelles. »

La Drôme, il est vrai, est riche de talents. Rapidement, l’idée fait son chemin soutenue par de nombreux académiciens et membres émérites parmi lesquels, on remarque,  faute de pouvoir les citer tous, le philosophe Paul Ricoeur, le compositeur Francis Poulenc, le mathématicien Henri Cartan, des ministres dont Maurice Pic, le romancier Gabriel Faure. Fort de ce soutien, l’Académie drômoise peut se structurer. La séance constitutive a lieu le lundi 6 mai 1957 à 15 heures au siège social, à la Chambre de commerce de Valence. Les quatre fondateurs sont entourés de fidèles dont le spéléologue Pierre Ageron, le romancier Paul-Jacques Bonzon, le poète Alain Borne, la musicologue Yvonne Lançon, le médecin et philosophe Jacques Sarano, et d’autres.

Raymond Vallentin du Cheylard en est le premier président. Il est assisté d’un conseil de quatorze mainteneurs[2] et d’un bureau composé de trois vice-présidents, un pour chaque domaine, lettres, sciences et arts : Claude Boncompain, Pierre Ageron, Charles Mayeux, d’un secrétaire : André Milhan et d’un trésorier : Albert Varnet.

Paul-Jacques Bonzon figure régulièrement dans les listes des membres de l’académie. Membre en 1960, il est mentionné le 1er mai 1969, membre titulaire, mainteneur et ancien vice-président. Lors d’une sortie de l’Académie en Basse-Ardèche, le 30 septembre 1962, après la visite de Viviers et un déjeuner à Saint-Marcel-d’Ardèche, le champagne de l’amitié a coulé à la remontée de l’Aven Marzal, « dans la coquette salle d’attente-bar aménagée avec beaucoup de goût par Monsieur et Madame Ageron ». Pierre Ageron, alors président de l’Académie drômoise, non seulement était proche de Paul-Jacques Bonzon mais avait été également son élève. On peut d’ailleurs noter que l’ouvrage, Les six compagnons au gouffre Marzal, lui est dédicacé.

Un article de presse[3], titré « L’Académie drômoise a siégé à – 125 m », extrait du « Progrès », le 1er octobre 1962, confirme l’événement :

 «  Bourg-Saint-Andéol, le 30 septembre. En l’honneur de son nouveau président, le spéléologue Pierre Ageron, l’Académie drômoise a tenu séance à cent-vingt-cinq mètres sous terre c’est-à-dire au fond de l’aven-grotte Marzal, ce fabuleux joyau du plateau cévenol, découvert en 1949 et magistralement aménagé par M. Pierre Ageron. »

Une assemblée générale extraordinaire tenue le 20 février 1978, modifie les statuts notamment sur le point de la rééligibilité des membres du conseil d’administration. La modification unanimement adoptée permet à Pierre Ageron de poursuivre sa tâche au poste de président. Paul-Jacques Bonzon est désigné comme membre du comité de rédaction des Cahiers drômois. La séance du 17 novembre 1978 est marquée par un émouvant hommage rendu par son ami le docteur Sarano, à l’homme et à l’écrivain qui vient de disparaître[4].

Paul-Jacques Bonzon, jusqu’à sa disparition en 1978, a participé activement à l’Académie drômoise[5]. Dès sa création en 1957, il contribue à son organisation, à sa structuration et à sa pérennisation. Il a également donné aux Cahiers drômois pas moins de trois nouvelles dont la dernière[6] est publiée en 1979, à titre posthume, dans le numéro 5 des Cahiers.

Outre ces nouvelles destinées aux jeunes lecteurs, le romancier en a également publié d’autres, plutôt destinées à des lecteurs adultes. On sait la part qu’à pris Paul-Jacques Bonzon dans la création de l’Académie drômoise des Lettres, Sciences et Arts. Il en est l’un des fondateurs de la première heure. L’Académie dispose rapidement d’une publication qui perdure encore de nos jours. Pour le premier numéro qui sort en 1959, le romancier propose une nouvelle, Les gangsters du Tricastin. Il récidive en 1965, pour le numéro 3, avec Aimeric de Bruges, dont la tonalité rappelle celle du Jongleur à l’étoile, un roman publié chez Hachette, collection Bibliothèque rose illustrée, en 1948 puis, dans le numéro 5, en 1978 ou 1979, lors du vingtième anniversaire de l’Académie, avec L’homme qui avait été Painchaux. Une nouvelle qui sera prochainement mise en ligne sur ce site.

Yves Marion

Extrait biographie, p. 169. 

[1] Cahiers drômois, n°14, Académie drômoise, 40e anniversaire, 1997.

[2] Par « mainteneur » il faut entendre « membre du conseil d’administration de l’Académie ».

[3] http://www.juraspeleo.ffspeleo.fr/docu/presse/1962/1962.htm [consulté en 2007].

[4] Compte-rendu d’Idelette Liénard, Cahiers drômois de 1978.

[5] Annie Friche, présidente de l’Académie drômoise, communication du 28 mai 2007.

Friche, Annie, Couriol, Marcel, « Paul-Jacques Bonzon, L’instituteur écrivain de Chabeuil », Etudes drômoises, Ed. AUED, Valence, revue trimestrielle, n°24, décembre 2005, p. 8 à 11.

[6] Bonzon, Paul-Jacques, « L’homme qui avait été Painchaux », Cahiers drômois n°5, 1979.