Paul-Jacques Bonzon, nouvelliste / conteur

Essentiellement connu pour ses romans, Paul-Jacques Bonzon publie également des nouvelles ou des contes. Une nouvelle, selon la définition qu’en apporte le Petit Robert est « un récit généralement bref, de construction dramatique, et présentant des personnages peu nombreux ». Le conte en est proche : « récit de faits, d’aventures imaginaires, destinés à distraire ». Il tend cependant à présenter une nuance de merveilleux mais on peut aussi trouver des contes fantastiques, satiriques voire philosophiques.

C’est dans le bulletin des membres de l’enseignement public en congé de longue durée que se rencontre la première publication de ce genre. Les oranges de Noël paraissent en 1946[1]. Cette brève nouvelle sera reprise plus tard dans un ensemble publié par les éditions BIAS sous le titre Contes de l’hiver[2].

Paul-Jacques Bonzon est instituteur. Il connaît l’importance de la lecture en particulier dans cette période d’essor formidable des publications pour la jeunesse. C’est tout naturellement qu’il se tourne vers la Société universitaire d’édition et de librairie (S.U.D.E.L.), maison d’édition créée par le syndicat des instituteurs, pour éditer ses premiers ouvrages : Delph le marin ou l’appel de la mer en 1947, Fan-lo le petit poisson qui voulait faire le tour du monde … et des hommes en 1955 puis Mon Vercors en feu en 1957. Or les éditions S.U.D.E.L. publient, depuis le 1er juin 1946, Francs Jeux, un bimensuel de seize pages au format 19 x 28,5 cm destiné aux jeunes garçons[3]. La revue aura un temps une version fille puis absorbera Terre des jeunes avant de devenir Virgule en septembre 1979. Le dernier numéro paru portera la référence 747/748 à la date du 15 juin 1979. Le romancier apporte ses contributions. La nouvelle, Les monstres de la Maladetta, figure au sommaire du N°174 de Francs Jeux du 15 août 1953, à suivre sur trois numéros, met en scène deux garçons partis à la recherche d’une femme disparue. A leur tour ils vont se perdre. L’histoire n’est évidemment pas sans rappeler celle de Loutsi Chien et ses jeunes maîtres publiée chez Bourrelier en 1945. De fait, ce sera une pratique assez courante du romancier, de proposer des nouvelles en lien direct avec ses projets d’ouvrages. Ce sera, par exemple, le cas pour Fan-Lo dans les numéros 244 à 250 d’une autre version de Francs Jeux, du 15 juillet 1956 au 15 octobre 1956. Ce conte philosophique, il est vrai, ne manquait pas d’intéresser le monde de l’enseignement primaire puisqu’on en retrouve des extraits dans de nombreux ouvrages scolaires de l’époque. Le journal Francs jeux disposait d’une édition à Alger, Francs jeux africains. Le numéro 16 du 20 novembre 1952 présente une nouvelle de Paul-Jacques Bonzon intitulée Le grand linceul blanc. La même année, c’est un journal Suisse, L’écho Illustré n°10 du 8 mard 1952, qui publie Le chamois de Zimmis. Une nouvelle qui sera reprise dans le N° 30 d’Âmes Vaillantes en date du 26 juillet 1959, illustrée par Yvan Marié, l’illustrateur attitré des éditions Fleurus.

La mention de ces nouvelles publiées ne saurait évidemment prétendre à l’exhaustivité. D’autres nouvelles ne manqueront pas de venir compléter la liste, à mesure de leur découverte. On sait, par exemple, que certains chapitres du Viking au bracelet d’argent, publié en 1956 chez G.P., collection Rouge et Or, ont pu être proposés de la sorte.

Outre ces nouvelles destinées aux jeunes lecteurs, le romancier en a également publié d’autres, plutôt destinées à des lecteurs adultes. On sait la part qu’à pris Paul-Jacques Bonzon dans la création de l’Académie drômoise des Lettres, Sciences et Arts. Il en est l’un des fondateurs de la première heure. L’Académie dispose rapidement d’une publication qui perdure encore de nos jours. Pour le premier numéro qui sort en 1959, le romancier propose une nouvelle, Les gangsters du Tricastin. Il récidive en 1965, pour le numéro 3, avec Aimeric de Bruges, dont la tonalité rappelle celle du Jongleur à l’étoile, un roman publié chez Hachette, collection Bibliothèque rose illustrée, en 1948 puis, dans le numéro 5, en 1978, lors du vingtième anniversaire de l’Académie, avec L’homme qui avait été Painchaux.

Enfin, Le Dauphiné libéré du vendredi 25 décembre 1981, quelques jours après l’inauguration d’un groupe scolaire à Valence qui porte le nom de l’écrivain, propose à ses lecteurs un conte inédit intitulé : Le père Noël n’avait pas six ans.

Paul-Jacques Bonzon, romancier, sait se montrer un nouvelliste de talent au style vif et concis, sachant trouver le mot, l’expression, le détail justes.

 

Extrait de l’ouvrage (p. 264-266) :

 Yves Marion, De la Manche à la Drôme, itinéraire de l’écrivain Paul-Jacques Bonzon, instituteur et romancier pour la jeunesse, Marigny, Eurocibles, 2008, 318 p.

 

[1] Par l’Effort, 17e année, août-décembre 1946, n°43-44, P. 15 à 18

[2] Se reporter au chapitre relatif à la vie quotidienne en sanatorium.

[3] http://www.danslagueuleduloup.com

 

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